La Mémoire

 

L' article qui suit vous est proposé par Sylvie Lair.

Psychologue clinicienne, chercheur en Neurosciences, comportementaliste et cognitiviste,consultante et formatrice, Sylvie Lair est l'auteur de l'ouvrage "Savoir Maîtriser sa Mémoire", Éditions RETZ 1997.

 

 

Grâce aux récentes découvertes scientifiques, de nouveaux espaces de la connaissance sur cette fonction essentielle sont possibles.

Pour les responsables de ressources humaines, ces nouveaux apports ouvrent des perspectives d’amélioration des compétences et permettent de repenser les apprentissages.

De la plus élémentaire des actions professionnelles aux processus les plus avancés, les utilisations de la mémoire ( ou des mémoires pour être plus précis ) sont nombreuses. Les acteurs qui "accompagnent le changement" doivent intégrer de nouveaux programmes pour développer ce que nous appelons la mémoire dynamique.

 

En effet, dans la vie professionnelle et personnelle, nous sollicitons constamment notre mémoire. Elle représente un atout extraordinaire pour apprendre comme pour agir. 

Les dernières avancées en neurosciences servent à comprendre le rôle du cerveau et son fonctionnement dans toutes nos actions quotidiennes. Formidable occasion d’en tirer des enseignements pratiques pour que chacun puisse améliorer au mieux son potentiel.

 

La mémoire est un fait psychique complexe, mettant en jeu à la fois le psychisme élémentaire (sensibilité et traces laissées dans le tissu nerveux par les sensations), l’activité cérébrale supérieure (création de nouvelles connexions nerveuses par répétition) et le système de concepts ou de raisonnement. Il y a donc plusieurs niveaux de mémoire : la mémoire "habitude", la mémoire "programmante" qui donne des conditionnements (habiletés sensori-motrices, telles que faire du vélo, et habiletés cognitives, comme la maîtrise des tables de multiplications…)

Un conditionnement, c’est l’automatisation progressive d’un acte ou d’une pensée au terme d’une série d’événements identiques. Il s’agit d’une fonction "automatique" qui permet par exemple de dévaler l’escalier sans penser où l’on pose ses pieds !

Pour accomplir pleinement son rôle, le conditionnement empêche l’accès à la pensée. Pour protéger la grande fiabilité exécutive d’un conditionnement, la nature a prévu de le protéger contre le raisonnement.

Cette mémoire "automatique" qui est dépendante des incitations de l’environnement présent est sensible aux interférences. Principalement inconsciente on aura tout intérêt, par une gamme d’exercices, à favoriser l’éveil sensoriel et diminuer le surmenage...

 

Si l’on recherche une conduite favorisant des comportements et des réponses adaptées à des situations nouvelles et inconnues, il y a tout intérêt à ce que la personne devienne plus consciente de ses mécanismes mentaux afin d’opérer une bascule entre un "Mode Mental Automatique" et un "Mode Mental Intelligent".

Pour mieux s’approprier les informations, pour que les choses prennent sens il faut : apprendre à maintenir son attention, analyser ses blocages comportementaux, améliorer le raisonnement logique, développer ses capacités d’apprentissages, pratiquer des techniques de perfectionnement, stimuler son imagination.

Concrètement pourquoi faut-il développer sa mémoire ? La liste suivante, non exhaustive, apporte un éclairage pour répondre à cette question : 

  • Besoin d’être plus attentif

  • Retenir ce qu’on vient de lire

  • Réfléchir avant d’agir

  • Ordonner et organiser les informations

  • Mieux rédiger

  • Mémoriser pour un compte rendu

  • Passer un concours

  • Rationaliser ses efforts (apprentissage d’une langue étrangère)

  • Stimuler les capacités d’apprentissage

  • Besoin de retrouver confiance en soi

  • Découverte sur soi et ouverture

  • Anticiper sur l’amélioration des processus

  • Utiliser des stratégies appropriées pour développer sa réactivité

  • Envie de communiquer  et de collaborer

  • Accroître l’autonomie face aux situations nouvelles

  • Dynamiser le potentiel intellectuel

  • Développer l’adaptabilité des personnes

Le programme que nous avons conçu, à partir de nouvelles données cognitives et comportementales, est construit autour : 

  • d’un diagnostic initial qui mesure les aptitudes mnésiques,

  • d’un parcours de prise de conscience permettant une amélioration de la consciencisation de son mode de fonctionnement,

  • d’une acquisition de clefs de déblocage pour développer les aptitudes comportementales adéquates,

  • d’ une évaluation des acquis pouvant déboucher sur un accompagnement individuel pour consolider les apports.

Ainsi, le principe d’une perte progressive des aptitudes de notre cerveau à mémoriser n’est pas inéluctable, et à contrario, les résultats constatés et mesurés révèlent parfois un développement des capacités de mémorisation.

 

Sylvie Lair

Décembre 2004

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